Réforme des pensions en Belgique (recreated)

 

Le gouvernement fédéral n’a jamais annoncé un recul officiel de l’âge légal de la pension. Pourtant, sa récente réforme dessine une toute autre réalité pour de nombreux travailleurs.

Derrière les chiffres, on découvre qu’une pension complète ne sera désormais accessible qu’après de longues années de carrière. Cette évolution soulève des questions cruciales sur l’équité du système et sur la capacité de chacun à travailler jusqu’à un âge avancé.

Une pension complète désormais liée à 45 années de carrière

Jusqu’ici,l’âge légal de la retraite en Belgique est fixé à 66 ans, puis passera à 67 ans en 2030. Cependant, pour percevoir une pension complète, il faudra désormais cumuler 45 années de carrière. Concrètement, un diplômé qui entre sur le marché du travail à 25 ans devra prolonger son activité jusqu’à 70 ans, explique Moustique. Cette situation découle directement du calcul appliqué par la réforme : sans les 45 années requises, le montant de la pension sera réduit.

Pour les carrières précoces et continues, le dispositif ne pose pas de problème majeur. En revanche, pour ceux qui enchaînent les contrats précaires, subissent des périodes de chômage, ou travaillent à temps partiel, la perspective est toute autre. Ces profils risquent de partir à 67 ans sans avoir réuni les conditions pour une pension complète, et donc de subir une décote. En pratique, la réforme transforme ce qui était un droit collectif en avantage réservé à une catégorie de travailleurs : les plus diplômés, en meilleure santé et dotés d’un parcours professionnel stable.

Bonus, malus et réalités sociales contrastées

La réforme introduit un mécanisme de bonus‑malus qui modifie profondément les choix de fin de carrière. Tout départ avant l’âge légal entraîne une réduction de 2 % de la pension par an, avec un taux encore plus élevé pour les générations les plus jeunes. À l’inverse, continuer à travailler après 67 ans rapporte le même pourcentage en supplément.

Pourtant, ces incitants semblent déconnectés de la réalité sociale. L’âge moyen du premier versement de pension en Belgique est aujourd’hui de 62,5 ans. Chez les fonctionnaires, 70 % des agents quittent leur poste avant 65 ans, un chiffre qui démontre la difficulté de maintenir une activité professionnelle prolongée. Cette tendance risque d’entrer en collision avec les objectifs du gouvernement, qui souhaite voir l’âge de départ effectif remonter rapidement.

En outre, la réforme ne tient pas pleinement compte de la situation des retraités actifs. Actuellement, 10 % des pensionnés continuent de travailler après leur départ officiel. Si la moitié le font par choix, 16 % le font avant tout pour des raisons financières. Pour ces derniers, le travail après la retraite n’est pas un bonus, mais une nécessité, révélant un système qui ne répond pas aux besoins de tous.

 

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